Accueil > Fiches Conseils > Fiches Conseils 'Education à la santé' > Les allergies alimentaires : ce qu'il faut savoir

Education à la santé

Imprimer

Les allergies alimentaires : ce qu'il faut savoir

Difficile de composer des menus équilibrés et variés lorsqu'un enfant dans la famille souffre d'une allergie alimentaire. D'autant plus , et c'est le cas en France comme dans tous les pays industrialisés , que les aliments les plus fréquemment associés aux allergies sont les oeufs, le lait de vache, les arachides, le soja, les noix, les poissons et les crustacés.

Pourtant, comme si cela ne suffisait pas, d'autres allergies apparaissent ou sont en augmentation. C'est le cas des allergies aux fruits exotiques, aux épices et condiments, aux huiles de tournesol et sésame, au psyllium (qui est un laxatif) contenu dans les barres diététiques, au latex, aux nouveaux allergènes comme le lupin (plante légumineuse) qui représente 1 % de la farine totale dans la baguette et les acariens (des symptômes peuvent par exemple apparaître lors de l'ingestion d'aliments préparés avec de la farine de blé contaminée par les acariens).

  • Les arachides représentent un tiers des allergies survenant chez l'enfant de moins de 15 ans. Les allergies alimentaires à l'arachide sont considérées comme très sévères dans un quart des cas. Les signes cliniques vont du simple prurit au décès par choc anaphylactique. Il faut être prudent car l'arachide se trouve souvent sous forme masquée.
  • Le lait de vache : la beta-lactoglobuline est la protéine du lait la plus allergisante.
  • Les oeufs : on retrouve principalement les allergènes au niveau des blancs d'oeufs. Pourtant, certains individus sont aussi allergiques au jaune d'oeuf.
  • Les poissons : l'allergie au poisson est très fréquente. Elle touche aujourd'hui 5% des enfants.
  • Les additifs alimentaires : on rapporte plusieurs réactions dues aux additifs alimentaires que sont les colorants, les conservateurs, les gélifiants, ou autres acidifiants, etc.

Bon à savoir : le sésame représenterait aujourd'hui 4,4 % des allergies alimentaires des adultes contre 0,7% il y a encore quelques années.

Manifestations cliniques des allergies alimentaires.

Les manifestations cliniques des allergies alimentaires sont variables :

  • manifestations gastro-intestinales
  • manifestations digestives : diarrhée et vomissement mais aussi reflux gastro-oesophagien, anorexie, choc anaphylactique
  • manifestations cutanées : urticaire, oedème de Quincke ou dermatite atopique
  • manifestations respiratoires asthmatiques généralement associées à une rhinite, laryngite, toux, dyspnée
  • autres manifestations comme des palpitations cardiaques, picotement au niveau de la langue et de la gorge, chute de la pression artérielle

À noter : l'eczéma ou dermatite atopique est la manifestation allergique la plus fréquente chez le jeune enfant.

Diagnostic

Le diagnostic de l'allergie alimentaire repose sur :

  • un interrogatoire soigneux et une analyse de l'alimentation du patient
  • la réalisation de tests cutanés et le dosage des Immunoglobulines E (Ig E) spécifiques
  • des manipulations diététiques qui peuvent être utilisées pour confirmer ou infirmer un diagnostic d'allergie alimentaire.
  • des tests de provocation qui différencient une sensibilisation latente d'une allergie vraie. Ces tests ne sont pas toujours utilisés car ils peuvent s'avérer très dangereux surtout dans les cas de réactions très sévères.

Traitement

La mise en place de stratégies préventives de l'allergie alimentaire apparaît essentielle étant donné le nombre de plus en plus important de personnes atteintes.

Traitement préventif

Il faut savoir prendre des précautions dès le plus jeune âge surtout pour les personnes à risque. Il faut souvent observer ce qui se passe dans la génération précédente c'est à dire celle des parents.

  • Si les parents ne développent pas de manifestations atopiques, l'enfant a 10 % de chance d'être atopique.
  • Si un des parents est atopique, l'enfant a 30% de chance de l'être.
  • Si les deux parents sont atopiques, le risque que l'enfant soit atopique peut aller jusqu'à 60 %.

Il existe également une autre méthode pour savoir si un enfant est "à risque": on peut mesurer à la naissance le taux d'immunoglobulines E dans le sang du cordon ombilical. Si les enfants à risque sont allaités uniquement par le lait de leur mère pendant les six premiers mois, et qu'après on introduit lentement les aliments en retardant un peu l'introduction de certains aliments comme le lait de vache, les oeufs, le boeuf, le poulet et le blé, il semble que les enfants présentent moins de manifestations atopiques.

Régime d'éviction

Enfant mangeLe meilleur moyen de ne pas avoir d'allergie alimentaire est d'éviter l'aliment responsable de cette allergie quelque soit sa forme et sa présentation. C'est là que réside le vrai casse-tête pour les parents et l'entourage des enfants allergiques. Inutile de préciser qu'il faut absolument lire attentivement les étiquettes des aliments afin de dépister les allergènes en cause et faire extrêmement attention à la restauration.

Attention : un allergène peut être masqué ! Actuellement, les substances incluses dans la composition d'un ingrédient complexe ne sont mentionnées obligatoirement (de façon légale) que lorsqu'elles représentent plus de 25% de la totalité du produit. D'autre part, l'industrie alimentaire peut parfaitement introduire un composant nouveau sans qu'il en soit obligatoirement fait mention !

Seule parade : se tenir informé auprès des sites ou des revues de consommateurs allergiques qui annoncent que le produit X ou Y contient désormais de l'arachide par exemple. Aujourd'hui, les enfants souffrant d'une allergie alimentaire peuvent parfaitement être accueillis en collectivité. Ils peuvent en effet bénéficier au sein de leur établissement scolaire d'un protocole d'accueil personnalisé comme le mentionne la circulaire n°2003-135 parue dans le BO n° 34 du 18 septembre 2003.

Recommandations du Ministère de l'Education Nationale concernant la prise de repas à l'école des enfants présentant des allergies alimentaires

Il est difficile de prévoir des menus spécifiques pour les élèves dont l'état de santé nécessite un régime alimentaire particulier.

La mise en place de "paniers repas" dans le cadre d'un projet d'accueil individualisé doit être favorisée. La famille assure alors la pleine responsabilité de la fourniture du repas, du conditionnement et du transport. La chaîne du froid doit être impérativement respectée, de la fabrication du repas par la famille jusqu'à sa présentation à l'enfant lors du déjeuner à l'école.